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septembre 28

PROJECTIONS LNH : DIVISION PACIFIQUE

Ce texte est le troisième d’une série de quatre articles qui discuteront les projections statistiques des 32 équipes de la LNH pour la saison 2026-2027.

La division Pacifique est-elle la plus faible de la LNH?

Dans la division Pacifique, la saison 2025-2026 a été marquée par les saisons surprenantes des Sharks et des Ducks. Les Ducks sont parvenus à se tailler une place en séries, alors que San Jose a été dans le coup jusqu’à la toute fin. Une des équipes du milieu du classement fera mentir le modèle en profitant de ses nombreux matchs face à des adversaires de division vulnérables. Toutefois, il est probable que la course pour le premier rang se limite aux deux favoris.

Encore la question des gardiens de but à Edmonton?

Les Oilers iront aussi loin que leur capitaine les mènera. Sans McDavid sur la patinoire, les Oilers ne récoltaient que 45,3 % des buts à cinq contre cinq, la saison dernière. Rien de particulièrement anormal pour cette équipe fortement dépendante de ses joueurs étoiles. Cependant, à la différence des saisons précédentes, les prouesses de McDavid sur le jeu de puissance ne se sont pas transposées à cinq contre cinq. L’an passé, Edmonton a remporté les minutes avec McDavid sur la patinoire 75-68. En 2023-2024, toujours à cinq contre cinq, c’était plutôt 90-57 à l’avantage des Oilers lorsque leur capitaine était sur la patinoire. C’était aussi la première fois en trois saisons que McDavid n’obtenait pas un pourcentage de buts attendus supérieur à 60 %. Bref, le nouvel entraîneur de l’équipe devra trouver une façon de mieux entourer son joueur vedette. Ce dernier devra aussi espérer que l’organisation a finalement été en mesure d’identifier un gardien partant. Chacun des quatre gardiens utilisés l’an passé a obtenu des résultats sous la moyenne de la ligue en buts sauvés au-dessus des attentes.

Les Golden Knights avaient-ils simplement été malchanceux durant la saison 2025-2026?

Après une saison décevante, les Golden Knights ne faisaient pas partie des favoris au titre à l’approche des séries éliminatoires. Leurs 95 points avaient peut-être été suffisants pour remporter la division Pacifique, mais ce total n’aurait pas suffi à se qualifier pour les séries dans la Conférence de l’Est. Toutefois, l’observateur attentif n’était pas surpris des bonnes performances de l’équipe au printemps. En effet, à égalité numérique en saison régulière, l’équipe était quatrième dans la LNH en différentiel de buts attendus et troisième pour le différentiel de chances à haut danger. Seuls les Sénateurs accordaient moins de buts attendus à l’adversaire à égalité numérique. Un mélange de malchance et de mauvaises performances devant le filet avait bien failli couler la saison des Knights. Si la malchance a tendance à se normaliser par elle-même, Vegas n’a rien fait pour corriger le deuxième problème.

Un meilleur spectacle pour les partisans des Kings cette saison?

L’an passé, les Kings sont parvenus à se qualifier pour les séries éliminatoires malgré un différentiel de buts négatif. Aucune autre équipe n’avait disputé autant de matchs qui s’étaient terminés en prolongation ou en tirs de barrage. Cela n’est pas simplement le résultat de la chance. En fait, il y avait si peu de buts dans les matchs des Kings qu’il était difficile pour une équipe de se détacher de son adversaire. Los Angeles n’offrait donc pas le meilleur spectacle à ses partisans, en plus d’avoir terminé 30e dans la LNH pour les victoires en temps réglementaire. Cela dit, ce contexte défensif permettait aux Kings de contrôler la possession, les chances de marquer et les tentatives de tirs. L’arrivée d’un nouvel entraîneur pourrait dynamiser l’offensive d’une équipe qui compte quelques très bons éléments.

Les étoiles des Ducks compenseront-elles le manque de profondeur de l’équipe?

Les Ducks étaient probablement l’équipe qui contrastait le plus avec les Kings la saison dernière. Les matchs des Ducks se jouaient à haut rythme et les deux équipes sur la patinoire s’échangeaient des chances de marquer de qualité. À cinq contre cinq, seules deux équipes ont généré plus de buts attendus qu’Anaheim, mais à quel prix? Les Ducks étaient dans le bas du tableau pour la majorité des statistiques défensives. Malgré le contexte difficile, Lukas Dostal est parvenu à sauver près d’un but à son équipe pour chaque 100 tirs affrontés, avant la pause des Fêtes. La fatigue s’est éventuellement installée pour le gardien des Ducks et il a ensuite performé légèrement sous les attentes. Dostal devra être la meilleure version de lui-même pour une bonne partie de la saison, puisque la défensive des Ducks est l’une des moins expérimentées de la LNH. Seulement trois des six réguliers projetés en défense totalisent plus de 150 matchs en carrière. Le manque de profondeur en attaque pourrait aussi rattraper les Ducks. L’équipe compte toutefois sur un des meilleurs groupes de jeunes attaquants de la LNH. Carlsson, Gauthier et Sennecke pourraient suffire à qualifier les Ducks en séries, dans une division Pacifique plus faible que la moyenne.

Celebrini est-il suffisamment bien entouré à San Jose?

Plusieurs observateurs s’attendent à voir les Sharks faire un saut supplémentaire cette saison. Évidemment, plusieurs bons jeunes joueurs s’ajouteront à Celebrini, Smith ou encore Dickinson. Toutefois, San Jose a quelque peu joué de chance l’an passé. Son différentiel de
-41 place l’équipe au 28e rang de la LNH. Les statistiques associées à la possession n’étaient elles non plus pas très positives. Les Sharks étaient 28e en différentiel de tirs tentés, 25e en différentiel de buts attendus et 22e en temps passé en zone offensive. Leur jeune étoile devant le filet, Yaroslav Askarov, est parvenue à masquer les faiblesses de son équipe, mais seulement en début de saison. Il a finalement terminé l’année au 75e rang en buts sauvés au-dessus des attentes. À cinq contre cinq, seuls les vétérans Jordan Binnington et Sergei Bobrovsky ont fait pire. Quant à la défensive, les acquisitions de Trouba et Nurse ont été accueillies positivement. Toutefois, les performances de Trouba ne semblent pas justifier le contrat qui lui a été accordé. Quant à Nurse, il s’agit encore d’un défenseur respectable, mais aucune des deux acquisitions ne devrait compenser l’absence d’un véritable défenseur numéro un. Dans tous les cas, les Sharks comptent sur un des meilleurs joueurs de la LNH, et parfois ça peut suffire, comme cela a bien failli être le cas la saison dernière.

Le Kraken peut-il demeurer compétitif malgré l’absence de joueurs étoiles?

Le Kraken se retrouve dans une situation pratiquement opposée à celle des Sharks : l’équipe compte sur plusieurs joueurs de milieu d’alignement et des défenseurs de qualité. Cependant, l’équipe ne présente aucun joueur étoile. Aucun joueur de l’équipe ne s’est classé dans le top 200 des meilleurs contributeurs de la LNH en 2025-2026, selon notre modèle. L’état-major a tant bien que mal tenté de remédier à cette situation pendant l’entre-saison, mais le refus de Jason Robertson de déménager à Seattle place l’équipe dans une situation précaire à l’entrée de la saison 2026-2027. En effet, deux de ses meilleurs joueurs seront sans contrat à la fin de la saison : Vince Dunn et Jared McCann. Si l’équipe parvient à rester dans la course aux séries jusqu’à la date limite, il est possible que Dunn et McCann terminent la saison à Seattle. Advenant une saison décevante, le Kraken pourrait être forcé de se départir des deux futurs joueurs autonomes et l’équipe pourrait ainsi rivaliser avec les Canucks et les Flames pour le bas de la division. En somme, il serait étonnant que Seattle obtienne 84 points, comme l’anticipe le modèle. Soit l’équipe demeurera dans la course jusqu’à la fin, soit elle se départira de ses meilleurs éléments et terminera la saison loin derrière ses rivaux de division.

Dustin Wolf est-il encore le meilleur gardien des Flames?

En 2024-2025, les Flames en ont surpris plusieurs en terminant la saison avec 96 points, malgré un différentiel de buts négatif. Pour une deuxième saison consécutive, l’attaque des Flames était l’une des pires de la ligue la saison dernière. À la différence de la saison précédente, Calgary a obtenu des performances moyennes de son jeune gardien Dustin Wolf. Le gardien américain peut-il suffire à qualifier son équipe en séries pour une deuxième fois en trois ans? Peut-être devra-t-il plutôt se battre pour son poste de gardien numéro un, après la saison impressionnante de son coéquipier, Devin Cooley. Ce dernier a terminé au 11e rang de la LNH pour les buts sauvés au-dessus des attentes. Pour le reste de l’alignement, les Flames ont mis la main sur quelques vétérans qui pourraient intéresser leurs compétiteurs à la date limite des transactions. Chez les plus jeunes, la présence de Simon Nemec et de Zayne Parekh pourrait aider à relancer l’avantage numérique des Flames. Finalement, en attaque, l’une des seules lueurs d’espoir pour les partisans de l’équipe, Matvei Gridin, a obtenu 20 points en 37 matchs la saison dernière alors qu’il n’avait que 19 ans en début de campagne.

Les entraîneurs influencent-ils significativement les résultats de leur équipe?

Le différentiel de -104 des Canucks en 2025-2026 représentait de loin le pire de la ligue. La saison misérable des Canucks s’est conclue par le congédiement de leur entraîneur, qui n’était en poste que depuis l’entre-saison. Il n’est pas évident de mesurer l’impact d’un entraîneur, mais certains ont tenté et ont conclu qu’Adam Foote était possiblement le pire entraîneur des 20 dernières années. L’arrivée de Manny Malhotra à la barre de l’équipe ne suffira probablement pas à relancer les Canucks, mais peut-être au moins à relancer Elias Pettersson? Ce dernier est le joueur le mieux payé de l’équipe et les 11,6 millions qui lui sont versés annuellement empêchent la nouvelle direction d’explorer les possibilités d’échange. Selon notre modèle, en ajustant pour l’environnement salarial actuel, les performances de Pettersson auraient justifié un salaire de 3 millions en 2025-2026, 5,7 millions en 2024-2025 et 16 millions en 2023-2024. Relancer Pettersson pourrait permettre d’accélérer la reconstruction à Vancouver. Les partisans de l’équipe devront néanmoins demeurer patients, puisque le modèle anticipe que les Canucks termineront derniers au classement général cette saison.