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octobre 01
• Modifié (oct. 01, 2026)

PROJECTIONS LNH : DIVISION CENTRALE

Ce texte est le quatrième d’une série de quatre articles qui discuteront les projections statistiques des 32 équipes de la LNH pour la saison 2026-2027.

Encore un trio d’équipes au sommet de la Centrale?

Ce n’est probablement pas une surprise pour qui que ce soit de voir l’Avalanche, les Stars ainsi que le Wild en tête du classement projeté de la division Centrale. Ces trois équipes comptent sur des joueurs étoiles qui rendent presque à eux seuls leur équipe compétitive. Le modèle entrevoit toutefois l’arrivée dans le groupe de tête d’une équipe qui avait terminé loin derrière le top trois de la division en 2025-2026, le Mammoth. Des équipes comme les Blues, les Jets et les Predators devront probablement rivaliser avec les formations de la division Pacifique pour obtenir une place en séries.

La Coupe ou rien à Denver?

L’Avalanche a été absolument dominante la saison dernière. L’équipe était première en différentiel de buts, en buts attendus et en chances à haut danger, à égalité numérique. Le plus impressionnant est qu’il existe encore certains aspects du jeu sur lesquels l’équipe peut s’améliorer. Colorado était 30e dans la LNH en avantage numérique la saison dernière. L’Avalanche était aussi l’une des pires équipes en prolongation. Les amateurs de hockey canadiens l’ont appris à leurs dépens aux Olympiques. MacKinnon et Makar ne sont pas des spécialistes du trois contre trois. Le premier a été dominé cinq buts à un dans cette situation la saison dernière. Il s’agissait de l’un des rares défauts du jeu de MacKinnon, qui a remporté ses minutes à cinq contre cinq 101 à 42. L’éclosion de Sam Malinski a aussi contribué aux succès de l’équipe. Chez tous les réguliers de la LNH, seuls MacKinnon et Malinski ont obtenu un différentiel de buts supérieur à 70 % à cinq contre cinq la saison dernière.

Des changements à prévoir dans la façon de jouer des Stars?

Certaines rumeurs ont circulé pendant l’entre-saison selon lesquelles le département d’analytiques des Stars aurait quelque peu tiré la sonnette d’alarme. Ce n’est pas que les Stars ne méritaient pas leurs 112 points obtenus la saison dernière. Après tout, l’équipe était quatrième en différentiel de buts. Plutôt, les Stars étaient très dépendants de leur pourcentage de tirs, une statistique qui a tendance à régresser vers la moyenne d’une saison à l’autre. Une autre statistique est utilisée dans l’univers des analytiques au hockey pour identifier un risque de régression : le « PDO ». Derrière son apparente complexité, le PDO est en fait une statistique simple. Il s’agit simplement d’additionner le pourcentage d’efficacité sur les tirs et le pourcentage d’arrêts des gardiens. Par définition, la moyenne de la ligue est à 100. Les Stars étaient à 102,8 la saison dernière. Les meilleures équipes parviennent à l’occasion à maintenir un PDO élevé, grâce à leurs talents de tireurs et à un bon gardien de but, mais il est rare qu’une équipe frôle les 103 de PDO deux saisons consécutives. Dallas devrait donc tenter de contrôler davantage le jeu, afin d’être moins dépendant de statistiques parfois influencées par la chance. Dans tous les cas, l’équipe pourra compter sur l’un des meilleurs avantages numériques de la LNH, comme ce fut le cas la saison passée.

Le Wild parviendra-t-il à convaincre Quinn Hughes de rester?

Ce fut une saison en deux temps pour le Wild l’an passé. L’arrivée d’un des meilleurs défenseurs au monde en décembre a complètement changé la trajectoire de l’équipe. Avant l’arrivée de Quinn Hughes, le Wild était 24e en différentiel de buts attendus à égalité numérique. L’équipe a ensuite bondi dans le top 10 pour terminer la saison. L’avantage numérique a lui aussi été dynamisé par l’arrivée du talentueux défenseur. Minnesota marquait 7,7 buts par 60 minutes avant la mi-décembre, et 10,4 buts par 60 minutes après la mi-décembre. Il s’agissait du quatrième meilleur avantage numérique de la LNH après l’arrivée de Hughes. Ce dernier a aussi remporté ses minutes 16-6 à cinq contre cinq en séries éliminatoires l’an dernier. Le Wild demeure vulnérable à certaines positions clés. Au centre, seul Eriksson Ek est projeté pour obtenir un différentiel de buts positif. Le modèle craint aussi que le bas de l’alignement du Wild soit dominé à égalité numérique. Même s’ils apportent d’autres éléments, des joueurs comme Michael McCarron ou Nick Foligno pourraient être dominés lorsqu'ils sont sur la patinoire à cinq contre cinq. Le Wild sera très dépendant de ses joueurs étoiles.

Le Mammoth fait-il maintenant partie des puissances de la division Centrale?

Le modèle anticipe que le Mammoth est maintenant prêt à rejoindre le groupe de tête de la division Centrale. Utah était troisième en différentiel de tirs tentés et sixième en différentiel de chances à haut danger, à égalité numérique la saison dernière. Le Mammoth générait toutefois davantage d’occasions en 2024-2025 que l’an dernier. Il y a deux ans, Utah était troisième dans toute la LNH pour les buts attendus générés à égalité numérique. La saison dernière, l’équipe était huitième. Toutefois, défensivement, l’équipe s’est améliorée, alors que Utah est passé de la 17e meilleure défense en buts attendus à la 10e. L’entraîneur de l’équipe semble accorder beaucoup d’importance à cet aspect du jeu et cette philosophie influence peut-être le temps de jeu de ses deux meilleurs jeunes attaquants. Cooley et Guenther ne jouaient en moyenne que 17,3 minutes par match la saison dernière. Aucun des deux ne faisait partie du top 100 des attaquants les plus utilisés dans la LNH. Si le Mammoth compte éventuellement devenir un prétendant au titre, cela passera certainement par la progression de ses deux jeunes étoiles.

Le premier trio des Blues suffira-t-il pour qualifier l’équipe en séries?

Les Blues ont bien failli procéder à une vente de feu la saison dernière. Le nom de Robert Thomas circulait dans les rumeurs de transaction pour la majeure partie de la saison. Colton Parayko avait quant à lui été échangé aux Sabres, mais il a finalement décidé de se prévaloir des privilèges offerts par sa clause de non-échange. Les Blues perdent néanmoins un excellent joueur en se départissant de Jordan Kyrou, dont la production avait ralenti la saison dernière. Kyrou demeure un joueur qui obtient d’excellents résultats dans les modèles de buts attendus. Les Blues ont pu compter sur l'un des meilleurs trios à cinq contre cinq la saison dernière. Thomas, Holloway et Snuggerud ont dominé leurs présences à cinq contre cinq 24 à 6. Aucun autre trio ayant joué un minimum de 200 minutes n’a présenté un différentiel de buts supérieur à 80 % en 2025-2026.

Une reconstruction forcée à Winnipeg?

Les Jets refusent systématiquement de considérer une reconstruction. On craint à Winnipeg que la franchise ne survive pas à ce genre de transition. Il se peut toutefois que la décision de leur gardien vedette de ne pas se rapporter au camp force la direction de l’équipe à revoir ses plans. À l’exception de quelques saisons, depuis 2019, l’équipe surpasse presque systématiquement ses chiffres de possession et de buts attendus, grâce aux performances de Hellebuyck. Les performances décevantes de ce dernier la saison dernière permettent d’anticiper de quoi aura l’air le futur de l’équipe sans son meilleur joueur. Les Jets ont présenté le 25e meilleur différentiel de buts de la LNH en 2025-2026. La présence de leur gardien voilait aussi les faiblesses dans le jeu de certains de leurs attaquants vedettes. Mark Scheifele et Kyle Connor figurent, saison après saison, parmi les moins bons joueurs défensifs de la LNH.

Dans quelle direction s’en vont les Preds?

L’arrivée de Chris MacFarland au poste de président des opérations hockey à Nashville a été bien reçue. Barry Trotz, malgré ses talents d’entraîneur, faisait partie des moins bons dirigeants de la LNH. MacFarland a annoncé son intention de moderniser le fonctionnement de l’organisation, en intégrant davantage les statistiques avancées au processus décisionnel, comme c’était le cas avec son ancienne équipe. Toutefois, ce fut une curieuse entre-saison à Nashville. D’un côté, l’équipe a fait l’acquisition de joueurs fiables, mais destinés à des rôles de bas d’alignement, dans le but présumé de demeurer compétitive cette saison. Ensuite, MacFarland a choisi de transiger un de ses meilleurs attaquants au New Jersey, en retour de choix au repêchage. L’équipe compte sur quelques bons jeunes joueurs, mais il n’est pas évident de voir la direction que le nouveau président souhaite donner à l’équipe. Un risque existe à Nashville de ne pas être suffisamment bon pour atteindre les séries, tout en étant trop bon pour repêcher tôt et mettre la main sur de futurs joueurs étoiles.

Enfin un pas en avant à Chicago?

Parmi les équipes qui ont entrepris une reconstruction complète dans les cinq ou six dernières années, Chicago est probablement celle dont la progression est la moins rapide. En plus d’être 31e en différentiel de buts, l’équipe se classait parmi les trois pires équipes de la LNH sur la quasi-totalité des statistiques importantes à égalité numérique. L’arrivée de plusieurs nouveaux joueurs, dont deux des favoris au trophée Calder, Roman Kantserov et Anton Frondell, permet quand même d’espérer de meilleurs résultats à Chicago. Il n’est pas impossible que cela se produise dès cette saison, mais il faudrait que plusieurs de leurs jeunes joueurs surpassent leurs propres projections. En réalité, le modèle anticipe que certains d’entre eux surprendront positivement, mais que d’autres ne connaîtront pas les débuts auxquels s’attendent leurs partisans. Cette saison devrait au moins permettre aux Hawks d’identifier quelques réguliers supplémentaires qui pourront jouer avec Connor Bedard lorsque l’équipe sera à nouveau compétitive.