PROJECTIONS LNH : DIVISION ATLANTIQUE
Ce texte est le deuxième d’une série de quatre articles qui discuteront les projections statistiques des 32 équipes de la LNH pour la saison 2026-2027.
La division la plus relevée de la LNH
La division atlantique est la seule de la LNH à n’avoir aucune équipe projetée pour moins de 90 points, selon Corriger le tir. Toujours selon notre modèle, il s’agit aussi de la division s’étant le plus améliorée dans l’entre-saison.
Les unités spéciales feront-elles le travail à Tampa?
Le Lightning était deuxième en différentiel de buts la saison dernière, tout juste derrière l’Avalanche. L’équipe de Jon Cooper s’est classée dans le top cinq de la LNH pour la majorité des statistiques importantes, comme le différentiel de buts attendus. Le départ de leur meilleur défenseur en 2025-2026, Darren Raddysh, génère un peu d’incertitude autour de l’avantage numérique de l’équipe. L’arrivée de John Carlson devra compenser ce départ, puisque Tampa Bay est à la fois l’équipe la plus punie de la ligue et celle causant le plus de pénalités à l’adversaire. Les performances sur les unités spéciales pourraient déterminer le sort de l’équipe, si cette tendance se maintient.
Les anciens champions sont-ils vraiment de retour?
Ici, il est raisonnable de douter du modèle. Après tout, les Panthers sont les favoris sur les marchés de paris et ces derniers se trompent moins que la moyenne. Toutefois, les Panthers sont-ils encore vraiment la même équipe que celle ayant remporté la Coupe Stanley il y a deux ans? Leurs trois principaux défenseurs sont maintenant âgés de plus de trente ans. Idem pour une partie importante de leurs principaux attaquants. Ultimement, ce sont les risques de blessures qui font douter le modèle. Un seul de leurs six principaux attaquants est projeté pour jouer plus de 75 matchs, en plus de l’incertitude associée au fait que leur meilleur joueur vient tout juste de rater une saison complète. Bref, si les amateurs considèrent sans équivoque que les Panthers sont de retour, le modèle perçoit les risques associés à l’âge et aux blessures. Il reconnaît néanmoins qu’en santé, il s’agirait d’une des trois ou quatre meilleures équipes de la LNH.
Les Canadiens, une équipe sous-estimée par les modèles de projections?
L’ancien gardien des Rangers de New York, Stephen Valiquette, a estimé que lorsqu’un tir survient à la suite d’une passe qui traverse latéralement la patinoire, le pourcentage d’efficacité sur les tirs augmente par un facteur de deux à trois. Or, la LNH ne rend pas disponibles aux analystes les données permettant d’identifier ce type de séquence. Entre les Demidov, Slafkovsky et Hutson, le mouvement de rondelle en zone adverse représente possiblement la principale qualité des Canadiens. C’est possible que les projections sous-estiment systématiquement ce type de profil. Cela a d’ailleurs été le cas au printemps dernier, alors que les différents modèles estimaient que Tampa Bay, et ensuite Buffalo, étaient largement favoris dans leur série face à Montréal.
Cela étant dit, il ne fait aucun doute que les Canadiens ont été plus chanceux que la moyenne la saison dernière. D’abord, l’équipe a terminé au cinquième rang de la LNH, malgré le neuvième meilleur différentiel de buts de la ligue. Ensuite, et surtout, parce que les principaux joueurs des Canadiens ont tous joué plus de 80 matchs. Les six meilleurs contributeurs de l’équipe selon notre modèle : Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov, Lane Hutson et Noah Dobson ont raté à eux six seulement trois matchs! Aucune autre équipe dans la division n’a eu ce privilège. Les probabilités sont que, même pour l’équipe concernée, il s’agissait d’une anomalie. Qu’arrivera-t-il en cas de blessures à Suzuki ou encore à Hutson? Dans la division la plus compétitive de la LNH, un peu de malchance pourrait rapidement faire dérailler la saison des Canadiens. Cette possibilité explique la prudence de la projection.
Encore des problèmes devant le filet à Ottawa?
Les Sénateurs ont obtenu le 29e meilleur pourcentage d’arrêts la saison dernière, même si l’équipe a concédé le plus bas total de buts attendus à ses adversaires. Les gardiens de but sont toutefois bien connus pour leur imprévisibilité d’une saison à l’autre. Même si l’équipe a obtenu des performances décevantes de la part de ses gardiens, rien ne garantit que ce scénario se reproduira cette saison. Si Ottawa obtenait simplement des performances moyennes de la part de ses gardiens, rien n’indique que l’équipe ne pourrait pas compétitionner avec les meilleures formations de la LNH. En effet, à égalité numérique, les Sens étaient deuxièmes en différentiel de chances à haut danger et en temps passé en zone offensive, troisièmes pour le différentiel de buts attendus et quatrièmes pour le différentiel de tirs tentés. Une seule autre équipe dans la LNH faisait partie du top 4 dans chacune de ces catégories, l’Avalanche du Colorado.
Les départs de Tuch et Byram priveront-ils les Sabres d’une place en séries?
Même si les Sabres ont probablement pris la bonne décision en se départissant d’Alex Tuch et Bowen Byram, il est possible que ces départs aient un impact sur les performances à court terme de l’équipe. Byram et Tuch étaient les troisième et sixième joueurs les plus utilisés à Buffalo. Les Sabres ont probablement suffisamment d’éléments à l’interne pour combler ces départs, mais les utiliseront-ils adéquatement? Dans la série face aux Canadiens, Lindy Ruff a attendu le cinquième match de la série pour envoyer Konsta Helenius dans la mêlée. Il s’est aussi borné à utiliser Logan Stanley et Luke Schenn en défense. Une fois ses meilleurs éléments dans l’alignement, Buffalo a dominé les trois derniers matchs de la série 14 à 8 en termes de buts attendus. Si Ruff, cette fois, ne perd pas de temps à utiliser davantage ses meilleurs éléments, les Sabres pourraient faire mentir le modèle, qui ne dispose pas de suffisamment de données pour évaluer adéquatement certains de leurs jeunes joueurs.
Auston Matthews est-il encore un des meilleurs buteurs de la LNH?
Les meilleures équipes de la LNH ont généralement des joueurs qui font partie des quelques meilleurs au monde. En 2022-2023, Toronto avait trois joueurs appartenant au top 20 de la LNH, selon notre modèle. La saison dernière? Un seul dans le top 50. C’était Nylander qui occupait justement le cinquantième rang. Auston Matthews peut-il retrouver sa place au sommet? Il y a deux ans, Matthews était l’un des meilleurs buteurs de la LNH. Depuis, l’attaquant américain convertit ses tirs en buts au même rythme qu’un attaquant moyen dans la LNH. En plus, il génère moins de tirs que par le passé. La responsabilité est-elle celle de l’entraîneur Craig Bérubé, dont l’arrivée à Toronto coïncide avec le déclin de son joueur vedette? Dans tous les cas, le nouvel état-major de l’équipe a une stratégie pour relancer ces meilleurs éléments offensifs. Cet été, les Leafs ont mis sous contrat une série d’attaquants au profil défensif. Il y a fort à parier que ces derniers absorberont les responsabilités défensives, ce qui permettra au nouvel entraîneur de maximiser le potentiel offensif de ces vedettes.
Les Bruins de 2025-2026 ont-ils simplement été chanceux?
Les Bruins en ont surpris plus d’un la saison dernière en franchissant la barre des 100 points. Toutefois, l’équipe a obtenu ce résultat principalement grâce à son pourcentage d’efficacité sur les tirs (sixième dans la LNH) et aux performances de ses gardiens (quatrième pour le pourcentage d’arrêt). Ce type d’exploit n’a généralement pas tendance à se répéter d’une saison à l’autre. Pour surprendre les modèles, les Bruins devront probablement réussir à obtenir davantage de temps de possession en zone offensive. Ils étaient 27e la saison dernière sur cette statistique. Ils devront aussi obtenir plus de chances de marquer de qualité afin de reproduire leur huitième rang pour les buts marqués en 2025-2026. Finalement, Jeremy Swayman devra probablement à nouveau se dépasser devant le filet des Bruins, puisque ces derniers ont accordé le sixième plus grand nombre d’occasions de grande qualité à l’adversaire l’an dernier.
Une onzième saison sans série à Détroit?
La projection des Red Wings inclut présentement Dylan Larkin. Elle inclut aussi la présence dans l’alignement de leur deuxième meilleur défenseur, Simon Edvinsson, qui n’est toujours pas sous contrat. L’échange éventuel de l’ancien capitaine des Red Wings risque de laisser un trou au centre de l’alignement de l’équipe. Aucun des autres joueurs de centre des Wings n’est parvenu à obtenir une contribution équivalente ou supérieure à celle d’un joueur de deuxième trio la saison dernière, selon notre modèle. En attendant la transaction de Larkin, les 90 points projetés à l’équipe semblent raisonnables, mais à moins de récupérer un joueur dont la contribution sera similaire, la saison pourrait être longue pour une équipe qui évolue dans la meilleure division du hockey.